D'étranges rêveries : Ses mots

"L'univers a ses mystères, les mots sont nos vies" ... Voici sur cette page tous ces mots qui nous font tant rêver ... et décortiqués, s'il vous plait !

06 juillet 2005

AINSI SOIT-JE ...

ainsi_soit_je_...

Clip

En concert 89

Live à Bercy 96

LE TEXTE :

Ainsi Soit Je ...


Bulle de chagrin
Boule d'incertitude
 

Tant de matins
Que rien ne dissimule
Je veux mon hiver
M'endormir loin de tes chimères
Je sais bien que je mens
Je sais bien que j'ai froid dedans
 


Bulle de chagrin
Boule d'incertitude
De nos destins
Naît que solitude
Tu dis qu'il faut du temps
Qu'aimer n'est pas un jeu d'enfant
Je sais bien que tu mens
Mais je suis si seule à présent
 


Ainsi soit-Je
Ainsi soit-Tu
Ainsi soit-Il
Ainsi moi je
Prie pour que Tu
Fuis mon exil
Mais quel espoir
Pourrais-je avoir
Quand tout est noir ?
Ainsi soit-Je
Ainsi soit-Tu
Ainsi soit ma vie
Tant pis.
 


Bulle de chagrin
Boule d'incertitude
Deux orphelins
Que le temps défigure
Je voudrais mon hiver
M'endormir loin de tes chimères
Tu sais bien que je mens
Tu sais bien que j'ai froid dedans
 

Ainsi soit-Je
Ainsi soit-Tu
Ainsi soit-Il
Ainsi moi je
Prie pour que Tu
Fuis mon exil
Mais quel espoir
Pourrais-je avoir
Quand tout est noir ?
Ainsi soit-Je
Ainsi soit-Tu
Ainsi soit ma vie
Tant pis...

 

MON ANALYSE :

Le texte commence par une brève explication de son état d’esprit actuel où règnent la tristesse et l’incertitude … Cette peine semble durer depuis plusieurs jours, la durée est indéterminée, mais elle aboutit sur une lassitude clairement exprimée … Elle est réduite à compter les jours uns à uns, trop nombreux à ses yeux : « Tant de matins / Que rien ne dissimule ».

Naît alors de cette situation un profond agacement vis à vis de cet homme et de ses projets toujours plus fous et irréalisables ! Elle prend alors une décision de façon péremptoire : elle préfère partir à rester avec cet homme qu’elle aime mais qui l’amène à se renfermer dans sa peine sans que l’on l’y dérange : « Je veux mon hiver / M’endormir loin de tes chimères » …

Cependant, elle l’aime toujours et sait qu’il est la seule personne qui la comprend ! Dès lors, elle se rend compte que ce n’est pas exactement ce qu’elle voudrait : « Je sais bien que je mens » … Le conflit cornélien est donc clairement expliqué : elle sait qu’elle ne peut vivre et s’épanouir en vivant auprès de lui ; mais le fait d’être sans lui ne la soulage pas non plus ! Elle sait qu’elle souffre et ne sait quelle attitude adopter face à cette souffrance … Elle contrebalance donc le « Je sais bien que je mens » avec « Je sais bien que j’ai froid dedans » … Elle sera ainsi aussi malheureuse loin de lui …

Le deuxième couplet s’ouvre par ce même constat, sur sa vie se répétant comme les formules de la chanson : « Bulle de chagrin / Boule d’incertitude » … Rester tous deux ne leur apporte rien, pas même une compagnie : « De nos destins / Naît que solitude » … Elle nourrit ce sentiment d’un exemple : « Tu dis qu’il faut du temps / Qu’aimer n’est pas un jeu d’enfant » … Il dit que l’amour n’est pas facile et que cela ne se crée pas du jour au lendemain … Mais il dit des choses incroyables qu’il ne pense pas : elle sait qu’aimer ne s’invente pas, ce doit être spontané ! « Je sais bien que tu mens / Mais je suis si seule à présent » …Elle ne peut se résoudre à ces paroles qu’elle refuse, mais est-ce pire ou mieux que sa solitude … ?

Le refrain est donc comme une réponse aux hésitations des couplets … Elle semble malgré tout choisir définitivement de fuir, de tuer cette romance en partant, seule … « Ainsi soit-Je /  Ainsi soit-Tu / Ainsi soit-il » … Elle présente la situation, qui est une fatalité, avec l’expression détournée d’ « Ainsi soit-il » … Le « Je » et le « Tu » sont des personnages extérieurs au refrain … Ce sont leurs noms puisqu’ils ont des majuscules et que ce n’est pas « Ainsi sois-je » mais « Ainsi soit-Je » …

Dans les vers suivants, elle lui explique clairement qu’elle part et le supplie de ne pas la suivre … irrévocablement ! « Ainsi moi je / Prie pour que Tu / Fuis mon exil ». Le « je » est devenue elle-même sans majuscule, tandis que lui reste enfermé dans son personnage des couplets … Elle, a évolué de cette fuite, de cet exil …

Cependant, elle se rend à nouveau compte que sans lui, la vie reste triste et sans intérêt : « Mais quel espoir / Pourrais-je avoir /  Quand tout est noir ? » … Elle choisit donc malgré tout de vivre sa vie, fatalement : « Ainsi soit ma vie / Tant pis » … C’est la seule solution, avec l’ombre du suicide qui point cependant …

Mais rien n’y fait, le couplet revient, fatalement lui aussi : cette fuite n’est pas une fin en soi car la même solitude rejaillit … « Bulle de chagrin / Boule d’incertitude » … Rien n’a changé …

« Deux orphelins / Que le temps défigure » … Elle nous explique pourquoi toutes ses tentatives sont vaines : ils vivent chacun dans leur monde, ils sont aussi seuls que des orphelins perdus, sans repère, sans confident, que personne ne comprend et qui ont juste comme ami le temps qui les fait vieillir … Comme une fatalité, une fois encore …

Elle sait donc à nouveau qu’elle veut partir, mais où ? « Je voudrais mon hiver / M’endormir loin de tes chimères » … La décision est moins nette, moins sûre, moins irrévocable : elle ne « veut » plus mais elle « voudrait » … !

« Tu sais bien que je mens » … Il sait bien qu’elle l’aime encore, mais il sait aussi voir ses vrais maux : « Tu sais bien que j’ai froid dedans » … Il comprend son désarroi mais il ne sait qu’y faire … Il est trop tard, et il accuse lui aussi la fatalité …

Avec la reprise du refrain, on comprend qu’elle part à nouveau, toujours sans direction, perdue dans le temps qui passe et qui noue et dénoue les liens …

Posté par Juke Box à 12:17 - 02 - Ainsi soit-je ... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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